Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Catalogue

 

L’Ours Blanc

Association loi 1901 à but non lucratif

Bernard Giusti
28 rue du Moulin de la Pointe
75013 Paris
Tél. : 01 45 80 66 57
Courrier électronique :  assocloursblanc@yahoo.fr

Belgique

Marcel Bauwens & Piet Lincken

 

Bretagne / France Ouest

Philippe Ayraud

 

Québec

Rodrigue Gignac

 

Sud-Ouest / Midi-Pyrénées

Bruno Talavera

 

Commandes et virements bancaires
Voir ci-dessus la Page "Pour vos commandes et adhésions"

Nous contacter

 

OUVRAGES DISPONIBLES

POESIE
LA SPHYNGE - Camille Aubaude - 42 p., 12 euros

LE MESSIE EN LIESSE - Camille Aubaude - 110 p., 12 euros

CRISTAUX DE NUIT - Michel Diaz - 130 p., 12 euros
COMME UNE CORDE PRETE A ROMPRE... - Bernard Giusti - 72 p., 12 euros

ARTEMISIA - Marguerite Jargeaix - 52 p., 12 euros
DERNIERES NOUVELLES DU FOND - Pierre Meige - 78 p., 12 euros
L’EXIL TENACE - Bruno Talavera - 110 p., 13 euros

SANG PENSEE M’ECRIER - B. et Ph. Talavera - 106 p., 11 euros
SABLES - Francis Vladimir - 70 p., 10 euros
DANS L’ENVERS DU SILENCE - Leïla Zhour - 226 p., 15 euros

 

NOUVELLES
LA MORT – Collectif – 130 p., 11 euros

NOEL NOIR – Collectif - 2e éd - 200 p., 15 euros

LA PHRASE DE SA VIE - Christian Rome –  110 pages, 12 euros

SUITE POUR EURYDICE et AUTRES NOUVELLES - Françoise Rachmuhl, 150 p., 12 euros


ROMANS

FRENCH LADY COTTAGE - Maria Dugot – 90 p., 11 euros
LA DAME BLANCHE - Pierre Meige -  2e éd. - 100 p., 11 euros
L'HEURE DU POETE - Christian Rome - 192 p., 9.50 euros

ANNA HANOUM - Véronique Pornin - 370 pp., 15 euros


LITTERATURE JEUNESSE
LES TOURS D’AILIEO – 1 - Iris Giusti - heroic fantaisy, illustrations 110 p. 12 euros
HEÏMAR - Aria Elun - heroic fantaisy 266 p. 15 euros


THEATRE

FORT DE JOUX - Les derniers jours de Toussaint Louverture - Philippe Cantraine - 110 p. 12 euros

 

FEUILLETS

L'OISEAU DE FEU - Marguerite Jargeaix - 20 p., 3 euros


ETRANGE & FANTASTIQUE

VIEIL ENFER et AUTRES CERCLES - Lucien Nosloj, 130 p. 12 euros

 

DOCUMENTS
LETTRES DE CAPTIVITE - Robert et Emma Gladin 1939-1945 – correspondance - 156 p., 15 euros
MALINKA - Malinka Zanger – récit de vie, 112 p., 15 euros

PASSE RECOMPOSE - Roger Cherrier – récit de vie, 140 p., 15 euros

LOISIRS & DECOUVERTE
GOURMANDISES EN REGION MIDI-PYRENEES Collectif LEP Toulouse gastronomie, couleur 150 p., 25 euros

MANUEL HISTORIQUE, POETIQUE ET FEERIQUE DES HAUTS-DE-SEINE - Pierre Meige, 160 p., 15 euros

LES FANTÖMES DE PARIS - Pierre Meige, 200 p., 15 euros

 

 

 

REEDITIONS PREVUES
POESIE
CONTE D’UNE REDEMPTION - Abdelghani Boudaakkar - 2e éd.
LES AILES - Bernard Giusti 3e éd.
LEGENDES INTERIEURES, L’AMANTE - Leïla Zhour - 2e éd.
METAMORPHOSE - Marie-Agnès Roch 3e éd.
LITTERATURE
LA MORT D’HERCULE - Jean Maffioletti – roman - 2e éd.

IONA - Jean Maffioletti – nouvelles

LES POETES DU ROCK - Pierre Meige - biographies, photos originales - 2e éd.



En achetant les ouvrages des Editions de L’Ours Blanc ou en souscrivant à ses éditions à venir, vous aidez notre association à réaliser son principal objectif : permettre à ceux qui n’ont pas ou peu de moyens de s’exprimer et se faire connaître.


 

29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 12:15

Notre collection Documents se propose de brosser un tableau des hommes et des femmes qui ont composé le 20e siècle et inauguré le 21e siècle. Humbles ou héros, leurs témoignages sont précieux.

Vous trouverez ci-dessous un rapide descriptif de chaque ouvrage, ainsi qu'une offre avantageuse.

 

 

 

4 ouvrages exceptionnels dans la Collection Documents de L'Ours Blanc

Malinka

de Malinka Zanger. Préface de Serge Klarsfeld. Suivi d'un entretien avec Véronique Pornin.

Malinka, petite fille juive de 14 ans, survivra à sa famille massacrée par les supplétifs ukrainiens de l'armée allemande. Au terme d'une épopée au cours de laquelle les schémas habituels et manichéens sont mis à mal, Malinka nous livre un témoignage bouleversant, très dur et très factuel.

"... Wladek, de son champ, put voir la mise en scène. Quand [ils] arrivèrent à Bobryk, ils firent sortir tous les habitants. Ensuite ils alignèrent tout le monde contre un mur. Lorsque le nombre de vingt-neuf fut atteint tout le monde dut s'enfuir sur l'ordre du gradé. Ainsi, la chasse a commencé... Des détails incroyables... Parmi les victimes, un bébé, des vieillards qui ne pouvaient pas bouger. Ils se sont acharnés sur maman, en lui visant la tête à plusieurs reprises [...] Ma sœur Luba n'était pas du nombre au départ, mais accourue pour être avec maman, elle fut touchée à la joue et enterrée vivante. Par contre, un jeune put se sauver. Un homme nommé Leibale fut déchiqueté parce qu’il était sourd et il n'entendait pas les ordres. Le bébé qui souriait aux bourreaux fut la cible de quatre fusils. Une vieille femme, sortie d'une maison en flammes, était une boule de feu. La chasse cessa quand ils eurent le compte de vingt-neuf victimes..."

 

 

 

4 ouvrages exceptionnels dans la Collection Documents de L'Ours Blanc

Lettres de captivité

de Emma et Robert Gladin. Préface de René Merle. Avant-propos de Monette et Vincent Ferrier.

Deux jeunes mariés sont séparés par la guerre. Le mari, fait prisonnier, est envoyé en Allemagne pour remplacer un fermier allemand. La jeune femme devra faire face seule pour tenir la ferme familiale et élever leur petite fille, Monette.

"Avec ces Lettres de captivité, second ouvrage de la collection "Documents", L'Ours Blanc a fait le choix délicat, mais combien passionnant, de proposer l'essentiel des lettres échangées de 1939 à 1945 entre les deux époux, échange dont la remarquable introduction de Monette et Vincent Ferrier, fille et beau-fils des correspondants, nous restitue en lucide piété la dimension personnelle et collective. Échange au plus intime de deux jeunes mariés brutalement séparés, mais échange par définition violé dans le regard de la censure militaire, puis de la censure allemande (la Croix-Rouge assurant l'acheminement des lettres, jusqu'à la fin du conflit, en 1945), et donc échange qui s'interdit le plus vrai de l'effusion tout autant que les considérations sur l'actualité. Mais échange dont les époux eux-mêmes assumeront la perpétuation par la conservation des lettres, de la Lettre, pour l'enfant qui doit comprendre plus tard…” René Merle (extrait de la préface)

 

 

 

4 ouvrages exceptionnels dans la Collection Documents de L'Ours Blanc

Passé Recomposé

de Roger Cherrier. Préface de René Merle.

Issu d'une vieille famille du Berry qui joua un rôle important dans le Cher (avec notamment un grand-père Sénateur communiste, un grand-oncle Commandant de la Résistance dans la Région Centre puis député communiste), Roger Cherrier nous livre un témoignage humain, sociologique, historique et politique. La famille Cherrier, engagée dans la Résistance, paiera un lourd tribut pour son combat pour la liberté.

"Passé Recomposé a été écrit par mon père, Roger Cherrier, militant syndicaliste et communiste, né en 1928 et mort en 2009. Ce récit autobiographique, partiel (de 1928 à 1945), relate à la fois les évènements historiques tels que mon père les a vécus dans sa famille communiste, et la vie quotidienne dans le Berry. Son père, arrêté une première fois avant la rupture du pacte germano-soviétique, puis déporté à Sachsenhausen, sa mère arrêtée et internée, il reste seul avec sa grand-mère et son petit frère, chargé de lourdes responsabilité. Tranche de vie terrible qui ne l’a pas empêché de rester jusqu’au bout cet homme engagé, sensible et cultivé qui m’a tant apporté." Pascale Cherrier

 

 

 

 

4 ouvrages exceptionnels dans la Collection Documents de L'Ours Blanc

Résister Vivre et Vaincre

François Roubaud - Alain Guérin - René Merle

récits de vie de Lucien Roubaud et Suzette Molino-Roubaud

Trois interviews. Deux vies.

Suzette Molino-Roubaud (1907-1993) ; l’enfance d’une fille d’instituteurs laïques en Provence, puis à Lyon ; l’amour des livres ; l’annonce des morts à la guerre ; deux frères admirés au point de rêver d’être un garçon et devenir l’une des trois premières femmes admises à l’ENS de la rue d’Ulm puis lectrice dans le huppé Bedford Collège à Londres. L’agrégation d’anglais. La mort accidentelle de ses frères.

Lucien Roubaud (1906-1999) : L’enfance d’un orphelin pauvre dans un faubourg populaire cosmopolite de Toulon. L’amour du sport du chef de sa bande de gamins, la bibliothèque de son grand-père, son succès au concours des bourses, d’où ses études jusqu’à l’ENS de la rue d’Ulm et l’agrégation de philosophie. Son antimilitariste actif et ses amis retrouvés plus tard dans la Résistance.

Leur rencontre. Premiers postes d’enseignants. La guerre est « d’abord civile ». Il faut s’organiser, s’unir contre l’esprit du moindre mal, l’attentisme. C’est le mouvement gaulliste Combat, la clandestinité jusqu’à diriger la libération de Montpellier et fonder le journal Midi Libre. Elle, elle doit survivre avec les quatre enfants, permettre ainsi les activités de son mari, c’est sa mission pour la Résistance. Les privations. La peur : la « nuit tragique » où elle croit la maison cernée par la Gestapo. Sa mère qui a fui l’arrestation et qu’elle case chez une voisine. Libération. Procès de Pétain. Mansuétude envers les collaborateurs. Exclusive anticommuniste. Il adhère au PCF. Il est l’un des fondateurs du Mouvement de la Paix. Inspecteur des sports, il défend les profs de gym contre le mépris dont on les accable. Leurs enfants plus tard devenus enseignants et Jacques poète-mathématicien, Denise traductrice d’auteurs anglais, Pierre militant communiste, sportif et philosophe. Le suicide de leur dernier enfant, leur grand malheur. Leur retraite dans l’Aude : il veille aux côtés de  Suzette devenue aveugle : « J’ai une responsabilité. Encore une. Voilà. ».

Le lecteur découvrira avec des documents d’Histoire et de famille, les témoignages précieux d’Alain Guérin, poète et chroniqueur de la Résistance et René Merle, historien reconnu de la culture et de la langue provençales.

Un ouvrage d’archives étonnamment contemporain.

Vincent Ferrier et Pierre Roubaud

 

 

4 Documents exceptionnels !

A commander aux Editions de L'Ours Blanc, 28 rue du Moulin de la Pointe, 75013 Paris - France.

15 euros l'unité

ou 40 euros les 4 (Malinka, Lettres de Captivité, Passé Recomposé, Résister Vivre et Vaincre)

Chèque à libeller à l'ordre de L'Ours Blanc, sans omettre d'indiquer l'adresse de livraison.

 

Repost 0
Published by Ours Blanc - dans Documents
commenter cet article
30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 15:22

Valère Staraselski se raconte dans un ouvrage incisif - Pierre Dharréville - La Marseillaise - 26 avril 2016


Rencontre avec un honnête écrivain


«Tout ce que j’écris ressort d’une tension entre mon existence et celle des autres parce que le réel, c’est d’abord les autres.» Valère Staraselski s’explique.
Il lève un coin du voile sur l’homme derrière l’écrivain, si tant est que l’on puisse les séparer... Répondant aux questions de Vincent Ferrier dans un petit ouvrage qui inaugure une nouvelle collection de L’Ours Blanc intitulée Portraits, il revient sur son parcours. Celui d’un jeune homme de grande banlieue grandi dans une famille d’accueil, travaillant dès son jeune âge pour apporter sa part et gagner en indépendance. «Le seul endroit où je me sentais libre et moi-même, c’était dans les romans que je lisais», explique-t-il. De là à s’imaginer écrivain ? Un océan à traverser. Ses premiers livres furent consacrés à Aragon, de par ses travaux universitaires. Puis, il se jeta lui-même dans les eaux salées de la littérature. Pour lui, elle est le lieu d’une quête : comprendre, parce que «l’artiste participe de la connaissance du monde» en même temps que «de sa création». Le fameux mentir-vrai cher à Aragon. Valère Staraselskise découvre, offrant ses passions à notre curiosité. Son goût de la nation contre celui de la race, comme une construction culturelle assumant sa part
d’universel. Son altruisme essentiel, «forme la plus courante de l’amour», qui débouche sur un sens du devoir, en quelque sorte et sur l’engagement. Son intérêt pour le christianisme, tout en étant athée et matérialiste, en lequel il voit l’une des sources du communisme. Son communisme, un engagement au service du bien commun, «devenu, depuis quelque temps, une entreprise qui tient de l’héroïsme», «ou du sacerdoce»... On se laisse porter par le regard de l’écrivain, pour qui «le rôle de la littérature consiste à faire ou à laisser parler ce qui vit et palpite derrière ou au-delà des significations». C’est en écrivant, pour «chercher le vital de la vie» que l’homme épris d’honnêteté a trouvé son utilité.
Sur la table, l’écrivain apporte les mots des autres, qui le nourrissent et éclairent sa propre démarche. Les mots sont posés avec fermeté et délicatesse à la fois. Ce livre éclair, qui comprend également le regard de critiques sur ses livres, donne envie de découvrir ou de redécouvrir son oeuvre romanesque, depuis ce portrait amer d’un député libéral, à cette ballade mélancolique et enfiévrée sur les toits d’Innsbruck, en passant par les bouillonnements de la Révolution française.


Pierre Dharréville

Repost 0
Published by Ours Blanc - dans Documents
commenter cet article
18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 14:35

un Document exceptionnel

Résister, vivre et vaincre

Format 15 x 21

228 pages

15 euros

Paru à L'Ours Blanc, "Résister, vivre et vaincre", un Document exceptionnel

Trois interviews. Deux vies.

 

Suzette Molino-Roubaud (1907-1993) : l’enfance d’une fille d’instituteurs laïques en Provence, puis à Lyon ; l’amour des livres ; l’annonce des morts à la guerre ; deux frères admirés au point de rêver d’être un garçon et devenir l’une des trois premières femmes admises à l’ENS de la rue d’Ulm puis lectrice dans le huppé Bedford Collège à Londres. L’agrégation d’anglais. La mort accidentelle de ses frères.

 

Lucien Roubaud (1906-1999) : l’enfance d’un orphelin pauvre dans un faubourg populaire cosmopolite de Toulon. L’amour du sport du chef de sa bande de gamins, la bibliothèque de son grand-père, son succès au concours des bourses, d’où ses études jusqu’à l’ENS de la rue d’Ulm et l’agrégation de philosophie. Son antimilitariste actif et ses amis retrouvés plus tard dans la Résistance.

 

Leur rencontre. Premiers postes d’enseignants.

 

La guerre est « d’abord civile ». Il faut s’organiser, s’unir contre l’esprit du moindre mal, l’attentisme. C’est le mouvement gaulliste Combat, la clandestinité jusqu’à diriger la libération de Montpellier et fonder le journal Midi Libre.

 

Elle, elle doit survivre avec les quatre enfants, permettre ainsi les activités de son mari, c’est sa mission pour la Résistance. Les privations. La peur : la « nuit tragique » où elle croit la maison cernée par la Gestapo. Sa mère qui a fui l’arrestation et qu’elle case chez une voisine.

 

Libération. Procès de Pétain. Mansuétude envers les collaborateurs.

 

Exclusive anticommuniste. Il adhère au PCF. Il est l’un des fondateurs du Mouvement de la Paix. Inspecteur des sports, il défend les profs de gym contre le mépris dont on les accable. Leurs enfants plus tard devenus enseignants et Jacques poète-mathématicien, Denise traductrice d’auteurs anglais, Pierre militant communiste, sportif et philosophe.

 

Le suicide de leur dernier enfant, leur grand malheur. Leur retraite dans l’Aude : il veille aux côtés de  Suzette devenue aveugle : « J’ai une responsabilité. Encore une. Voilà. ».

 

Le lecteur découvrira avec des documents d’Histoire et de famille, les témoignages précieux d’Alain Guérin, poète et chroniqueur de la Résistance et René Merle, historien reconnu de la culture et de la langue provençales.

 

Un ouvrage d’archives étonnamment contemporain.

 

Vincent Ferrier

et Pierre Roubaud

 


 

 

Bon de commande pour   Résister, vivre et vaincre

 

Nom, prénom :

 

Adresse postale :

 

Code, Ville, pays :

 

 

Commande :                exemplaires x 15 euros =              euros

 

Chèques à libeller à l’ordre de L’Ours Blanc, et à renvoyer avec votre bon de commande

au siège de l’association :  28, rue du Moulin de la Pointe, 75013 Paris – France

 

Repost 0
Published by Ours Blanc - dans Documents
commenter cet article
19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 18:24

Couv Résister2

 

Résister, vivre et vaincre 

 

12 euros en souscription (15 euros prix public)

L'ouvrage vous sera envoyé dès parution.

(parution prévue : septembre-octobre 2014)

 


Trois interviews. Deux vies.

 

Suzette Molino-Roubaud (1907-1993) ; l’enfance d’une fille d’instituteurs laïques en Provence, puis à Lyon ; l’amour des livres ; l’annonce des morts à la guerre ; deux frères admirés au point de rêver d’être un garçon et devenir l’une des trois premières femmes admises à l’ENS de la rue d’Ulm puis lectrice dans le huppé Bedford Collège à Londres. L’agrégation d’anglais. La mort accidentelle de ses frères.

 

Lucien Roubaud (1906-1999) : L’enfance d’un orphelin pauvre dans un faubourg populaire cosmopolite de Toulon. L’amour du sport du chef de sa bande de gamins, la bibliothèque de son grand-père, son succès au concours des bourses, d’où ses études jusqu’à l’ENS de la rue d’Ulm et l’agrégation de philosophie. Son antimilitariste actif et ses amis retrouvés plus tard dans la Résistance.

 

Leur rencontre. Premiers postes d’enseignants.

 

La guerre est « d’abord civile ». Il faut s’organiser, s’unir contre l’esprit du moindre mal, l’attentisme. C’est le mouvement gaulliste Combat, la clandestinité jusqu’à diriger la libération de Montpellier et fonder le journal Midi Libre.

 

Elle, elle doit survivre avec les quatre enfants, permettre ainsi les activités de son mari, c’est sa mission pour la Résistance. Les privations. La peur : la « nuit tragique » où elle croit la maison cernée par la Gestapo. Sa mère qui a fui l’arrestation et qu’elle case chez une voisine.

 

Libération. Procès de Pétain. Mansuétude envers les collaborateurs.

 

Exclusive anticommuniste. Il adhère au PCF. Il est l’un des fondateurs du Mouvement de la Paix. Inspecteur des sports, il défend les profs de gym contre le mépris dont on les accable. Leurs enfants plus tard devenus enseignants et Jacques poète-mathématicien, Denise traductrice d’auteurs anglais, Pierre militant communiste, sportif et philosophe.

 

Le suicide de leur dernier enfant, leur grand malheur. Leur retraite dans l’Aude : il veille aux côtés de  Suzette devenue aveugle : « J’ai une responsabilité. Encore une. Voilà. ».

 

Le lecteur découvrira avec des documents d’Histoire et de famille, les témoignages précieux d’Alain Guérin, poète et chroniqueur de la Résistance et René Merle, historien reconnu de la culture et de la langue provençales.

 

Un ouvrage d’archives étonnamment contemporain.

 

Vincent Ferrier

et Pierre Roubaud

 


 

 

Bon de souscription pour   Résister, vivre et vaincre

 

Nom, prénom :

 

Adresse postale :

 

Code, Ville, pays :

 

 

Commande :                exemplaires x 12 euros =              euros

 

Chèques à libeller à l’ordre de L’Ours Blanc, et à renvoyer avec votre bon de commande

au siège de l’association :  28, rue du Moulin de la Pointe, 75013 Paris – France

Repost 0
Published by Ours Blanc - dans Documents
commenter cet article
8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 08:24

Couv Résister2

 

Résister, vivre et vaincre 

 

12 euros en souscription (15 euros prix public)

L'ouvrage vous sera envoyé dès parution.

(parution prévue : septembre-octobre 2014)

 


Trois interviews. Deux vies.

 

Suzette Molino-Roubaud (1907-1993) ; l’enfance d’une fille d’instituteurs laïques en Provence, puis à Lyon ; l’amour des livres ; l’annonce des morts à la guerre ; deux frères admirés au point de rêver d’être un garçon et devenir l’une des trois premières femmes admises à l’ENS de la rue d’Ulm puis lectrice dans le huppé Bedford Collège à Londres. L’agrégation d’anglais. La mort accidentelle de ses frères.

 

Lucien Roubaud (1906-1999) : L’enfance d’un orphelin pauvre dans un faubourg populaire cosmopolite de Toulon. L’amour du sport du chef de sa bande de gamins, la bibliothèque de son grand-père, son succès au concours des bourses, d’où ses études jusqu’à l’ENS de la rue d’Ulm et l’agrégation de philosophie. Son antimilitariste actif et ses amis retrouvés plus tard dans la Résistance.

 

Leur rencontre. Premiers postes d’enseignants.

 

La guerre est « d’abord civile ». Il faut s’organiser, s’unir contre l’esprit du moindre mal, l’attentisme. C’est le mouvement gaulliste Combat, la clandestinité jusqu’à diriger la libération de Montpellier et fonder le journal Midi Libre.

 

Elle, elle doit survivre avec les quatre enfants, permettre ainsi les activités de son mari, c’est sa mission pour la Résistance. Les privations. La peur : la « nuit tragique » où elle croit la maison cernée par la Gestapo. Sa mère qui a fui l’arrestation et qu’elle case chez une voisine.

 

Libération. Procès de Pétain. Mansuétude envers les collaborateurs.

 

Exclusive anticommuniste. Il adhère au PCF. Il est l’un des fondateurs du Mouvement de la Paix. Inspecteur des sports, il défend les profs de gym contre le mépris dont on les accable. Leurs enfants plus tard devenus enseignants et Jacques poète-mathématicien, Denise traductrice d’auteurs anglais, Pierre militant communiste, sportif et philosophe.

 

Le suicide de leur dernier enfant, leur grand malheur. Leur retraite dans l’Aude : il veille aux côtés de  Suzette devenue aveugle : « J’ai une responsabilité. Encore une. Voilà. ».

 

Le lecteur découvrira avec des documents d’Histoire et de famille, les témoignages précieux d’Alain Guérin, poète et chroniqueur de la Résistance et René Merle, historien reconnu de la culture et de la langue provençales.

 

Un ouvrage d’archives étonnamment contemporain.

 

Vincent Ferrier

et Pierre Roubaud

 


 

 

Bon de souscription pour   Résister, vivre et vaincre

 

Nom, prénom :

 

Adresse postale :

 

Code, Ville, pays :

 

 

Commande :                exemplaires x 12 euros =              euros

 

Chèques à libeller à l’ordre de L’Ours Blanc, et à renvoyer avec votre bon de commande

au siège de l’association :  28, rue du Moulin de la Pointe, 75013 Paris – France

Repost 0
Published by Ours Blanc - dans Documents
commenter cet article
21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 18:00

Deux articles parus sur Passé Recomposé (éd. L'Ours Blanc)


Un article paru sur le blog des Editions La Brochure :

 

 

Après avoir lu Passé recomposé 1ere de couv petitles neuf tomes des Mémoires de Jacques Duclos, son ami l’historien communiste Jean Bruhat lui demanda pour quoi seul le premier tome, l’histoire de son enfance, apprend quelque chose au lecteur, Duclos répondit :  « Que veux-tu, il fut un temps où j’étais Jacques Duclos et un autre, le plus long, où j’avais des responsabilités politiques. Alors ! » Pour Duclos, avoir des responsabilités politiques ça signifiait par exemple, effacer de sa mémoire des noms comme celui de Renaud Jean, sur la tombe de qui il alla pourtant se recueillir.

Raconter son enfance, c’est la tâche à laquelle a décidé de s’atteler Roger Cherrier dans un texte, Passé recomposé, où jailliss ent comme des flashs des tranches de souvenirs. Le mérite du livre, c’est qu’il est écrit de l’intérieur de l’homme : ce n’est pas une autobiographie de quelqu’un qui regarde sa vie passée, mais le texte d’un vieux personnage qui revit au présent sa jeunesse, de 1928 à 1945, dans les milieux populaires et militants de Bourges, au cœur de toute une famille communiste et résistante. Il a eu la chance de pouvoir l’écrire lui-même avec le style adéquat et grâce à une mémoire stupéfiante, aussi le livre se lit d’un trait et témoigne avec sincérité d’une époque cruciale dans l’histoire de France. « Nous vivons tous les trois comme si chacun était seul » dit-il quand la guerre a fait qu’il se retrouve seul avec sa grand-mère et son frère. Le texte est au présent, et cette solitude même à trois, c’est peut-être le moment qui impose au gamin de puiser en lui toutes les ressources possibles pour survivre, d’où sa plongée dans la lecture.

René Merle a rédigé une préface émouvante à ce livre publié par l’Ours blanc, 15 euros, 140 pages. 25-07-2011

JP Damaggio


http://la-brochure.over-blog.com/article-roger-cherrier-passe-recompose-80233736.html 

 

 


Le monde perdu de Roger Cherrier

 

A propos de Passé Recomposé

mercredi 22 juin 2011 à 04:17, par bombix


Milan Kundera, au début de son roman l’Insoutenable légèreté de l’être, évoque, pour s’en étonner, l’idée de l’éternel retour de Friedrich Nietzsche. Rien de plus étrange que cette idée, dans un monde où nous sommes certains, au contraire, que les choses passées sont bien passées et ne reviendront jamais. Ainsi s’explique selon l’écrivain que nous puissions éprouver la nostalgie d’une époque même tragique.

C’est sans doute d’abord cette nostalgie qui constitue la matière du livre de Roger Cherrier, Passé recomposé, qui vient de paraître aux éditions de l’Ours Blanc. De ce monde perdu, l’écriture tente l’anamnèse. « Partout où quelque chose vit est un registre où le temps s’inscrit ». Le registre ne s’est pas effacé. Mais il faut du courage et du talent pour l’ouvrir à nouveau, pour traduire en mots ténus et fixer dans l’ordonnancement des phrases les impressions fugaces qui s’envolent au vent de l’oubli. L’exercice est périlleux. Il est, à n’en pas douter, réussi. Roger Cherrier, lecteur et amoureux des livres, savait assurément tenir une plume. Son écriture simple, sensible et pudique, vise juste. Toujours, il évite la tentation du cliché et les facilités du pittoresque. Dans ce mélange de limpidité et de profondeur, on devine l’influence et la proximité d’Alain-Fournier. Une même puissance des images, une même transparence troublante caractérisent son style et celui de l’auteur du Grand Meaulnes.

« Dans ce Berry au coeur de la France, écrit son préfacier René Merle, un enfant conte les riches heures de son enfance prolétarienne, son éveil au monde entre l’activisme rouge des hommes, la ténacité quotidienne des femmes. Il dit les joies et les peines d’un monde qui pourrait être celui de La Belle Equipe de Renoir […] puis il dit un double basculement […] celui de l’entrée au lycée […] de l’entrée dans l’horreur de la guerre et de la répression. L’absence des parents, père déporté, mère internée […] Et cet oncle Marcel qui devient aux yeux du jeune neveu le Robin des Bois de la résistance F.T.P... [1] »

De ses belles années — celles de l’enfance — et des années terribles — celles de la guerre — Roger Cherrier conservera une fidélité indéfectible à l’idéal communiste. On pense à Bernanos, qui croyait au ciel : « Qu’importe ma vie ! Je veux seulement qu’elle reste jusqu’au bout fidèle à l’enfant que je fus [...] l’enfant que je fus est qui est à présent en moi comme un aïeul. » Celui qui n’y croyait pas ne renoncera jamais au communisme. On ne renonce pas à ce qui donne un sens à sa vie, sans renoncer à soi-même et aux siens. Cette fidélité est belle, respectable, et rare.

Hasard des lectures, je venais d’achever la lecture d’un essai récent de Jacques Généreux (La dissociété) quand j’ai ouvert Passé recomposé. Peut-on imaginer contraste plus violent entre le récit de Roger Cherrier, et le constat que fait le professeur de sciences-po : « Pour beaucoup de nos contemporains, la question de la crise du politique n’a aucune espèce de sens, pour la bonne et simple raison que la politique, ils s’en contrefichent [...] Le mot politique n’éveille plus en eux le moindre soupçon de pensée ou d’émotion [...] L’idée qu’il existe une vie collective, une vie de la nation, qui conditionne leur propre existence et qui en retour dépend de la part qu’ils veulent bien y prendre, cette idée là ne leur semble même pas saugrenue, tout juste étrangère. [2] »

Le monde perdu de Roger Cherrier, ce n’est donc pas seulement des visages et des paysages, des façons d’être et de vivre. C’est l’effacement dans notre espace politique de tout un peuple traversé par une passion pour la vie sociale et la justice, au point d’y engager sa vie, et de parfois la sacrifier.

Roger Cherrier, Passé recomposé, éditions de l’Ours Blanc, avril 2011

[1] Passé recomposé, p. 6.

[2] Jacques Généreux, La Dissociété, p. 10.

  

Le monde perdu de Roger Cherrier - René Merle - 22 juin 2011 à 10:25

Merci pour cette lecture si humaine et nuancée, qui touche à l’essentiel, me semble-t-il, et qui, en tant qu’un des passeurs de cette mémoire, me va droit au cœur.
Nous pouvons recevoir avec émotion la publication post-mortem de Roger Cherrier, dont vous pointez la qualité d’écriture, comme on reçoit la lumière d’une étoile morte, toujours cheminante, alors que la source est éteinte. L’enracinement de classe dont procéda l’engagement de l’auteur est sans doute révolu, et vous avez raison de souligner, avec Jacques Généreux, combien tout a été fait pour que le lien avec le Politique soit rompu chez tant de nos contemporains.
Mais pas chez tous, cependant. Par exemple, l’an passé, j’ai lu avec beaucoup de plaisir et d’intérêt "Retour à Reims", de Didier Eribon, (Champs-Flammarion), qui fonde sur son coming out social un retour à la vérité fondamentale du Politique, social et pas seulement sociétal.
Reste à savoir, mais ceci est une autre histoire, ce que seront face aux avenirs incertains, les rapports au Politique d’une jeunesse sans nostalgies ni fidélités à assumer.

 

Publié sur L'Agitateur http://www.agitateur.org/spip.php?article1633



 

Passé Recomposé

de Roger Cherrier

 

Récit de vie

 

Issu d’une famille très connue de Résistants communistes dans le Cher, Roger Cherrier, militant politique et syndical, relate son enfance et son adolescence, de 1928 à 1945.

Torturés, déportés, de nombreux membres de la famille ont payé chèrement leur engagement pour la liberté et pour leurs idéaux. Toutes et tous communistes de la première heure, ils ont marqué la vie sociale et politique à Bourges et dans le Berry.

Marcel Cherrier (commandant Abel dans la Résistance) deviendra plus tard député communiste.

 

« … on ne trouvera pas dans ces lignes autojustification, emphase hagiographique, réécriture d’histoire. Des faits, seulement des faits, et le souvenir, « recomposé » au plus juste de l’empreinte qu’ils ont pu avoir sur un jeune garçon. Roger Cherrier qui écrit est un homme qui ne se pose pas en modèle, qui se sait héritier, et qui se sait libre en même temps.

L’ouvrage est suspendu à la Libération, qui est pour Roger bien sûr porteuse de bonheur et de retrouvailles, mais aussi qui lui ouvre les yeux sur bien des récupérations opportunistes, et qui le laisseront sans illusions sur la réalité de la lâcheté des plus faibles et de la haine des puissants… »

(extrait de la préface de René Merle)

 

Passé recomposé 4eme de couv petit« Passé Recomposé a été écrit par mon père, Roger Cherrier, militant syndicaliste et communiste, né en 1928 et mort en 2009. Ce récit autobiographique partiel (de 1928 à 1945) relate à la fois les évènements historiques tels que mon père les a vécus dans sa famille communiste, et la vie quotidienne dans le Berry. Son père, arrêté une première fois avant la rupture du pacte germano-soviétique, puis déporté à Sachsenhausen, sa mère arrêtée et internée, il reste seul avec sa grand-mère et son petit frère, chargé de lourdes responsabilités. Tranche de vie terrible qui ne l’a pas empêché de rester jusqu’au bout cet homme engagé, sensible et cultivé qui m’a tant apporté. »

(Pascale Cherrier)

 

«… Mais très tôt, ce que j’aime le plus, c’est le 1er Mai à la Bourse. Je tiens papa par la main quand il fait tamponner sa carte syndicale par un camarade à moustaches qui ne plaisante pas, mais dont les yeux s’éclairent quand il serre les mains d’une poigne vigoureuse. Et les églantines rouges s’épinglent au fil des années au Calendrier des Postes.

        Il fait un ciel menaçant en 1934 quand nous arrivons à la Bourse. Dans la grande salle glaciale, après des prises de parole sans micro, applaudies, j’entends l’Internationale, l’Inter, que je n’ai jamais pu écouter sans émotion, gorge nouée et larmes dans les yeux.

        Les gars déroulent une banderole et déploient les drapeaux rouges. Ils vont sortir malgré l’interdiction. Ils sortent. En face, au fond de la place, des hommes à cheval, casqués, attendent immobiles… L’officier, soudain, met le sabre au clair. « Chargez ! ». Ils foncent. C’est la houle des drapeaux. A nouveau l’Inter. Les gars refluent. Sur le terre-plein, nous, les familles, les femmes et les enfants, nous regardons. Des copains reviennent chercher des chaises pliantes pour les foutre sur la gueule des flics. Coco, le gérant du café, est d’accord. Il s’en fout des chaises. Tous les camarades regroupés reviennent. Et encore l’Inter. J’ai eu la trouille pour eux, pour papa, pour mon oncle. Je serre la main de maman. J’ai six ans. Je n’oublierai jamais… »

 

Passé Recomposé

de Roger Cherrier

 

Récit de vie

 

Préface de René Merle

 

aux Editions de L’Ours Blanc

140 pages, 15 euros

 

Commandes au siège de l’association : L’Ours Blanc – 28 rue du Moulin de la Pointe – 75013 Paris

 

Repost 0
Published by Ours Blanc - dans Documents
commenter cet article
11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 11:00

 

Le samedi 15 octobre 2011 de 10h à 12h

 

1 CherrierL'ursidée Pascale Cherrier signera  "Passé Recomposé"

de Roger Cherrier

Ed. L'Ours Blanc

collection "Documents"

à la
Maison de la presse, librairie Catinaud
9 rue Voltaire
18100 Vierzon

0248716460

 

 

Passé recomposé 1ere de couv petitLe monde perdu de Roger Cherrier

 

A propos de Passé Recomposé

mercredi 22 juin 2011 à 04:17, par bombix


Milan Kundera, au début de son roman l’Insoutenable légèreté de l’être, évoque, pour s’en étonner, l’idée de l’éternel retour de Friedrich Nietzsche. Rien de plus étrange que cette idée, dans un monde où nous sommes certains, au contraire, que les choses passées sont bien passées et ne reviendront jamais. Ainsi s’explique selon l’écrivain que nous puissions éprouver la nostalgie d’une époque même tragique.

C’est sans doute d’abord cette nostalgie qui constitue la matière du livre de Roger Cherrier, Passé recomposé, qui vient de paraître aux éditions de l’Ours Blanc. De ce monde perdu, l’écriture tente l’anamnèse. « Partout où quelque chose vit est un registre où le temps s’inscrit ». Le registre ne s’est pas effacé. Mais il faut du courage et du talent pour l’ouvrir à nouveau, pour traduire en mots ténus et fixer dans l’ordonnancement des phrases les impressions fugaces qui s’envolent au vent de l’oubli. L’exercice est périlleux. Il est, à n’en pas douter, réussi. Roger Cherrier, lecteur et amoureux des livres, savait assurément tenir une plume. Son écriture simple, sensible et pudique, vise juste. Toujours, il évite la tentation du cliché et les facilités du pittoresque. Dans ce mélange de limpidité et de profondeur, on devine l’influence et la proximité d’Alain-Fournier. Une même puissance des images, une même transparence troublante caractérisent son style et celui de l’auteur du Grand Meaulnes.

« Dans ce Berry au coeur de la France, écrit son préfacier René Merle, un enfant conte les riches heures de son enfance prolétarienne, son éveil au monde entre l’activisme rouge des hommes, la ténacité quotidienne des femmes. Il dit les joies et les peines d’un monde qui pourrait être celui de La Belle Equipe de Renoir […] puis il dit un double basculement […] celui de l’entrée au lycée […] de l’entrée dans l’horreur de la guerre et de la répression. L’absence des parents, père déporté, mère internée […] Et cet oncle Marcel qui devient aux yeux du jeune neveu le Robin des Bois de la résistance F.T.P... [1] »

De ses belles années — celles de l’enfance — et des années terribles — celles de la guerre — Roger Cherrier conservera une fidélité indéfectible à l’idéal communiste. On pense à Bernanos, qui croyait au ciel : « Qu’importe ma vie ! Je veux seulement qu’elle reste jusqu’au bout fidèle à l’enfant que je fus [...] l’enfant que je fus est qui est à présent en moi comme un aïeul. » Celui qui n’y croyait pas ne renoncera jamais au communisme. On ne renonce pas à ce qui donne un sens à sa vie, sans renoncer à soi-même et aux siens. Cette fidélité est belle, respectable, et rare.

Hasard des lectures, je venais d’achever la lecture d’un essai récent de Jacques Généreux (La dissociété) quand j’ai ouvert Passé recomposé. Peut-on imaginer contraste plus violent entre le récit de Roger Cherrier, et le constat que fait le professeur de sciences-po : « Pour beaucoup de nos contemporains, la question de la crise du politique n’a aucune espèce de sens, pour la bonne et simple raison que la politique, ils s’en contrefichent [...] Le mot politique n’éveille plus en eux le moindre soupçon de pensée ou d’émotion [...] L’idée qu’il existe une vie collective, une vie de la nation, qui conditionne leur propre existence et qui en retour dépend de la part qu’ils veulent bien y prendre, cette idée là ne leur semble même pas saugrenue, tout juste étrangère. [2] »

Le monde perdu de Roger Cherrier, ce n’est donc pas seulement des visages et des paysages, des façons d’être et de vivre. C’est l’effacement dans notre espace politique de tout un peuple traversé par une passion pour la vie sociale et la justice, au point d’y engager sa vie, et de parfois la sacrifier.

Roger Cherrier, Passé recomposé, éditions de l’Ours Blanc, avril 2011

[1] Passé recomposé, p. 6.

[2] Jacques Généreux, La Dissociété, p. 10.

  

Le monde perdu de Roger Cherrier - René Merle - 22 juin 2011 à 10:25

Merci pour cette lecture si humaine et nuancée, qui touche à l’essentiel, me semble-t-il, et qui, en tant qu’un des passeurs de cette mémoire, me va droit au cœur.
Nous pouvons recevoir avec émotion la publication post-mortem de Roger Cherrier, dont vous pointez la qualité d’écriture, comme on reçoit la lumière d’une étoile morte, toujours cheminante, alors que la source est éteinte. L’enracinement de classe dont procéda l’engagement de l’auteur est sans doute révolu, et vous avez raison de souligner, avec Jacques Généreux, combien tout a été fait pour que le lien avec le Politique soit rompu chez tant de nos contemporains.
Mais pas chez tous, cependant. Par exemple, l’an passé, j’ai lu avec beaucoup de plaisir et d’intérêt "Retour à Reims", de Didier Eribon, (Champs-Flammarion), qui fonde sur son coming out social un retour à la vérité fondamentale du Politique, social et pas seulement sociétal.
Reste à savoir, mais ceci est une autre histoire, ce que seront face aux avenirs incertains, les rapports au Politique d’une jeunesse sans nostalgies ni fidélités à assumer.

Publié sur L'Agitateur http://www.agitateur.org/spip.php?article1633

 


 

Passé Recomposé

de Roger Cherrier

 

Récit de vie

 

Issu d’une famille très connue de Résistants communistes dans le Cher, Roger Cherrier, militant politique et syndical, relate son enfance et son adolescence, de 1928 à 1945.

Torturés, déportés, de nombreux membres de la famille ont payé chèrement leur engagement pour la liberté et pour leurs idéaux. Toutes et tous communistes de la première heure, ils ont marqué la vie sociale et politique à Bourges et dans le Berry.

Marcel Cherrier (commandant Abel dans la Résistance) deviendra plus tard député communiste.

 

« … on ne trouvera pas dans ces lignes autojustification, emphase hagiographique, réécriture d’histoire. Des faits, seulement des faits, et le souvenir, « recomposé » au plus juste de l’empreinte qu’ils ont pu avoir sur un jeune garçon. Roger Cherrier qui écrit est un homme qui ne se pose pas en modèle, qui se sait héritier, et qui se sait libre en même temps.

L’ouvrage est suspendu à la Libération, qui est pour Roger bien sûr porteuse de bonheur et de retrouvailles, mais aussi qui lui ouvre les yeux sur bien des récupérations opportunistes, et qui le laisseront sans illusions sur la réalité de la lâcheté des plus faibles et de la haine des puissants… »

(extrait de la préface de René Merle)

 

Passé recomposé 4eme de couv petit« Passé Recomposé a été écrit par mon père, Roger Cherrier, militant syndicaliste et communiste, né en 1928 et mort en 2009. Ce récit autobiographique partiel (de 1928 à 1945) relate à la fois les évènements historiques tels que mon père les a vécus dans sa famille communiste, et la vie quotidienne dans le Berry. Son père, arrêté une première fois avant la rupture du pacte germano-soviétique, puis déporté à Sachsenhausen, sa mère arrêtée et internée, il reste seul avec sa grand-mère et son petit frère, chargé de lourdes responsabilités. Tranche de vie terrible qui ne l’a pas empêché de rester jusqu’au bout cet homme engagé, sensible et cultivé qui m’a tant apporté. »

(Pascale Cherrier)

 

«… Mais très tôt, ce que j’aime le plus, c’est le 1er Mai à la Bourse. Je tiens papa par la main quand il fait tamponner sa carte syndicale par un camarade à moustaches qui ne plaisante pas, mais dont les yeux s’éclairent quand il serre les mains d’une poigne vigoureuse. Et les églantines rouges s’épinglent au fil des années au Calendrier des Postes.

        Il fait un ciel menaçant en 1934 quand nous arrivons à la Bourse. Dans la grande salle glaciale, après des prises de parole sans micro, applaudies, j’entends l’Internationale, l’Inter, que je n’ai jamais pu écouter sans émotion, gorge nouée et larmes dans les yeux.

        Les gars déroulent une banderole et déploient les drapeaux rouges. Ils vont sortir malgré l’interdiction. Ils sortent. En face, au fond de la place, des hommes à cheval, casqués, attendent immobiles… L’officier, soudain, met le sabre au clair. « Chargez ! ». Ils foncent. C’est la houle des drapeaux. A nouveau l’Inter. Les gars refluent. Sur le terre-plein, nous, les familles, les femmes et les enfants, nous regardons. Des copains reviennent chercher des chaises pliantes pour les foutre sur la gueule des flics. Coco, le gérant du café, est d’accord. Il s’en fout des chaises. Tous les camarades regroupés reviennent. Et encore l’Inter. J’ai eu la trouille pour eux, pour papa, pour mon oncle. Je serre la main de maman. J’ai six ans. Je n’oublierai jamais… »

 

Passé Recomposé

de Roger Cherrier

 

Récit de vie

 

Préface de René Merle

 

aux Editions de L’Ours Blanc

140 pages, 15 euros

 

Commandes au siège de l’association : L’Ours Blanc – 28 rue du Moulin de la Pointe – 75013 Paris

 

Repost 0
Published by Ours Blanc - dans Documents
commenter cet article
23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 11:30

Passé recomposé 1ere de couv petit

Le monde perdu de Roger Cherrier

 

A propos de Passé Recomposé

mercredi 22 juin 2011 à 04:17, par bombix


Milan Kundera, au début de son roman l’Insoutenable légèreté de l’être, évoque, pour s’en étonner, l’idée de l’éternel retour de Friedrich Nietzsche. Rien de plus étrange que cette idée, dans un monde où nous sommes certains, au contraire, que les choses passées sont bien passées et ne reviendront jamais. Ainsi s’explique selon l’écrivain que nous puissions éprouver la nostalgie d’une époque même tragique.

C’est sans doute d’abord cette nostalgie qui constitue la matière du livre de Roger Cherrier, Passé recomposé, qui vient de paraître aux éditions de l’Ours Blanc. De ce monde perdu, l’écriture tente l’anamnèse. « Partout où quelque chose vit est un registre où le temps s’inscrit ». Le registre ne s’est pas effacé. Mais il faut du courage et du talent pour l’ouvrir à nouveau, pour traduire en mots ténus et fixer dans l’ordonnancement des phrases les impressions fugaces qui s’envolent au vent de l’oubli. L’exercice est périlleux. Il est, à n’en pas douter, réussi. Roger Cherrier, lecteur et amoureux des livres, savait assurément tenir une plume. Son écriture simple, sensible et pudique, vise juste. Toujours, il évite la tentation du cliché et les facilités du pittoresque. Dans ce mélange de limpidité et de profondeur, on devine l’influence et la proximité d’Alain-Fournier. Une même puissance des images, une même transparence troublante caractérisent son style et celui de l’auteur du Grand Meaulnes.

« Dans ce Berry au coeur de la France, écrit son préfacier René Merle, un enfant conte les riches heures de son enfance prolétarienne, son éveil au monde entre l’activisme rouge des hommes, la ténacité quotidienne des femmes. Il dit les joies et les peines d’un monde qui pourrait être celui de La Belle Equipe de Renoir […] puis il dit un double basculement […] celui de l’entrée au lycée […] de l’entrée dans l’horreur de la guerre et de la répression. L’absence des parents, père déporté, mère internée […] Et cet oncle Marcel qui devient aux yeux du jeune neveu le Robin des Bois de la résistance F.T.P... [1] »

De ses belles années — celles de l’enfance — et des années terribles — celles de la guerre — Roger Cherrier conservera une fidélité indéfectible à l’idéal communiste. On pense à Bernanos, qui croyait au ciel : « Qu’importe ma vie ! Je veux seulement qu’elle reste jusqu’au bout fidèle à l’enfant que je fus [...] l’enfant que je fus est qui est à présent en moi comme un aïeul. » Celui qui n’y croyait pas ne renoncera jamais au communisme. On ne renonce pas à ce qui donne un sens à sa vie, sans renoncer à soi-même et aux siens. Cette fidélité est belle, respectable, et rare.

Hasard des lectures, je venais d’achever la lecture d’un essai récent de Jacques Généreux (La dissociété) quand j’ai ouvert Passé recomposé. Peut-on imaginer contraste plus violent entre le récit de Roger Cherrier, et le constat que fait le professeur de sciences-po : « Pour beaucoup de nos contemporains, la question de la crise du politique n’a aucune espèce de sens, pour la bonne et simple raison que la politique, ils s’en contrefichent [...] Le mot politique n’éveille plus en eux le moindre soupçon de pensée ou d’émotion [...] L’idée qu’il existe une vie collective, une vie de la nation, qui conditionne leur propre existence et qui en retour dépend de la part qu’ils veulent bien y prendre, cette idée là ne leur semble même pas saugrenue, tout juste étrangère. [2] »

Le monde perdu de Roger Cherrier, ce n’est donc pas seulement des visages et des paysages, des façons d’être et de vivre. C’est l’effacement dans notre espace politique de tout un peuple traversé par une passion pour la vie sociale et la justice, au point d’y engager sa vie, et de parfois la sacrifier.

Roger Cherrier, Passé recomposé, éditions de l’Ours Blanc, avril 2011

[1] Passé recomposé, p. 6.

[2] Jacques Généreux, La Dissociété, p. 10.

  

Le monde perdu de Roger Cherrier - René Merle - 22 juin 2011 à 10:25

Merci pour cette lecture si humaine et nuancée, qui touche à l’essentiel, me semble-t-il, et qui, en tant qu’un des passeurs de cette mémoire, me va droit au cœur.
Nous pouvons recevoir avec émotion la publication post-mortem de Roger Cherrier, dont vous pointez la qualité d’écriture, comme on reçoit la lumière d’une étoile morte, toujours cheminante, alors que la source est éteinte. L’enracinement de classe dont procéda l’engagement de l’auteur est sans doute révolu, et vous avez raison de souligner, avec Jacques Généreux, combien tout a été fait pour que le lien avec le Politique soit rompu chez tant de nos contemporains.
Mais pas chez tous, cependant. Par exemple, l’an passé, j’ai lu avec beaucoup de plaisir et d’intérêt "Retour à Reims", de Didier Eribon, (Champs-Flammarion), qui fonde sur son coming out social un retour à la vérité fondamentale du Politique, social et pas seulement sociétal.
Reste à savoir, mais ceci est une autre histoire, ce que seront face aux avenirs incertains, les rapports au Politique d’une jeunesse sans nostalgies ni fidélités à assumer.

Publié sur L'Agitateur http://www.agitateur.org/spip.php?article1633

 


 

Passé Recomposé

de Roger Cherrier

 

Récit de vie

 

Issu d’une famille très connue de Résistants communistes dans le Cher, Roger Cherrier, militant politique et syndical, relate son enfance et son adolescence, de 1928 à 1945.

Torturés, déportés, de nombreux membres de la famille ont payé chèrement leur engagement pour la liberté et pour leurs idéaux. Toutes et tous communistes de la première heure, ils ont marqué la vie sociale et politique à Bourges et dans le Berry.

Marcel Cherrier (commandant Abel dans la Résistance) deviendra plus tard député communiste.

 

« … on ne trouvera pas dans ces lignes autojustification, emphase hagiographique, réécriture d’histoire. Des faits, seulement des faits, et le souvenir, « recomposé » au plus juste de l’empreinte qu’ils ont pu avoir sur un jeune garçon. Roger Cherrier qui écrit est un homme qui ne se pose pas en modèle, qui se sait héritier, et qui se sait libre en même temps.

L’ouvrage est suspendu à la Libération, qui est pour Roger bien sûr porteuse de bonheur et de retrouvailles, mais aussi qui lui ouvre les yeux sur bien des récupérations opportunistes, et qui le laisseront sans illusions sur la réalité de la lâcheté des plus faibles et de la haine des puissants… »

(extrait de la préface de René Merle)

 

Passé recomposé 4eme de couv petit« Passé Recomposé a été écrit par mon père, Roger Cherrier, militant syndicaliste et communiste, né en 1928 et mort en 2009. Ce récit autobiographique partiel (de 1928 à 1945) relate à la fois les évènements historiques tels que mon père les a vécus dans sa famille communiste, et la vie quotidienne dans le Berry. Son père, arrêté une première fois avant la rupture du pacte germano-soviétique, puis déporté à Sachsenhausen, sa mère arrêtée et internée, il reste seul avec sa grand-mère et son petit frère, chargé de lourdes responsabilités. Tranche de vie terrible qui ne l’a pas empêché de rester jusqu’au bout cet homme engagé, sensible et cultivé qui m’a tant apporté. »

(Pascale Cherrier)

 

«… Mais très tôt, ce que j’aime le plus, c’est le 1er Mai à la Bourse. Je tiens papa par la main quand il fait tamponner sa carte syndicale par un camarade à moustaches qui ne plaisante pas, mais dont les yeux s’éclairent quand il serre les mains d’une poigne vigoureuse. Et les églantines rouges s’épinglent au fil des années au Calendrier des Postes.

        Il fait un ciel menaçant en 1934 quand nous arrivons à la Bourse. Dans la grande salle glaciale, après des prises de parole sans micro, applaudies, j’entends l’Internationale, l’Inter, que je n’ai jamais pu écouter sans émotion, gorge nouée et larmes dans les yeux.

        Les gars déroulent une banderole et déploient les drapeaux rouges. Ils vont sortir malgré l’interdiction. Ils sortent. En face, au fond de la place, des hommes à cheval, casqués, attendent immobiles… L’officier, soudain, met le sabre au clair. « Chargez ! ». Ils foncent. C’est la houle des drapeaux. A nouveau l’Inter. Les gars refluent. Sur le terre-plein, nous, les familles, les femmes et les enfants, nous regardons. Des copains reviennent chercher des chaises pliantes pour les foutre sur la gueule des flics. Coco, le gérant du café, est d’accord. Il s’en fout des chaises. Tous les camarades regroupés reviennent. Et encore l’Inter. J’ai eu la trouille pour eux, pour papa, pour mon oncle. Je serre la main de maman. J’ai six ans. Je n’oublierai jamais… »

 

Passé Recomposé

de Roger Cherrier

 

Récit de vie

 

Préface de René Merle

 

aux Editions de L’Ours Blanc

140 pages, 15 euros

 

Commandes au siège de l’association : L’Ours Blanc – 28 rue du Moulin de la Pointe – 75013 Paris

 

Repost 0
Published by Ours Blanc - dans Documents
commenter cet article
3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 07:59

“Malinka est exceptionnel. L'Histoire de la Shoah n'y trouvera pas – ou pas beaucoup – les données brutes, recoupables, qui sont la matière, la viande, le solide sur quoi travaillent les historiens. C'est l'histoire d'une petite fille juive de Pologne, autour de ses quatorze ans, dont la famille est anéantie (dans ce qu'on a ensuite appelé la "Shoah par balles") et qui survit par miracle. Non, pas par miracle. Lorsque la fin était devenue palpable et que la fillette voulait mourir avec les siens, sa mère lui avait demandé de tenir et de survivre, pour être en quelque sorte la continuatrice de la famille et aussi un témoin. Peut-être n'était-ce qu'une ruse contre le désespoir, mais pour l'enfant ce fut un terrible renversement des rôles.” (extrait de la préface de Serge Klarsfeld)


... Wladek, de son champ, put voir la mise en scène. Quand [ils] arrivèrent à Bobryk, ils firent sortir tous les habitants. Ensuite ils alignèrent tout le monde contre un mur. Lorsque le nombre de vingt-neuf fut atteint tout le monde dut s'enfuir sur l'ordre du gradé. Ainsi, la chasse a commencé... Des détails incroyables... Parmi les victimes, un bébé, des vieillards qui ne pouvaient pas bouger. Ils se sont acharnés sur maman, en lui visant la tête à plusieurs reprises [...] Ma sœur Luba n'était pas du nombre au départ, mais accourue pour être avec maman, elle fut touchée à la joue et enterrée vivante. Par contre, un jeune put se sauver. Un homme nommé Leibale fut déchiqueté parce qu’il était sourd et il n'entendait pas les ordres. Le bébé qui souriait aux bourreaux fut la cible de quatre fusils. Une vieille femme, sortie d'une maison en flammes, était une boule de feu. La chasse cessa quand ils eurent le compte de vingt-neuf victimes...

Collection Documents sous la direction de Bernard Giusti
Préface de Serge Klarsfeld
Suivi d’un entretien avec Malinka Zanger par Véronique Pornin

116 pages, 15 euros


© L’Ours Blanc, 2007
Maquette : Bernard Giusti
ISBN 978-2-914362-34-4
ISSN 1960-3460

Commandes à l'association, chèques à l'ordre de L'Ours Blanc

Repost 0
Published by BG - dans Documents
commenter cet article
21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 11:57
Emma et Robert Gladin

Lettres de captivité

Correspondance 1939-1945

 

Préface de René Merle

Avant-Propos de Vincent et Monette Ferrier

 

 aux éditions de L’Ours Blanc

156 pages, 12 euros en souscription (15 euros prix public)

ISBN 978-2-914362-31-3

 

« Les parfums du printemps le sable les ignore

Voici mourir le Mai dans les dunes du Nord »

Louis Aragon

La nuit de Dunkerque

 

Quelques kilomètres au Sud du pays qui fut minier de Decazeville-Aubin, sur la route de Villefranche-de-Rouergue, l'automobiliste qui remarquera, émergeant des structures de la toute nouvelle zone d'activités du Fargal, la haute tache de verdure de ce qui fut la ferme des Gladin, aurait sans doute quelque peine à imaginer ce qu'était, dans les années 1930, sur ce plateau de Montbazens alors voué à l'élevage, l'environnement pleinement rural de cette ferme dont, à partir de l'été 1939, Emma Gladin, toute jeune maman, doit, comme tant de femmes en situation de guerre, assurer la gestion en l'absence de son mari mobilisé, puis prisonnier en Allemagne. Cette ferme et ce foyer vers lesquels iront sans relâche les pensées de l'absent, dépossédé.

Avec ces Lettres de captivité, second ouvrage de la collection "Documents", L'Ours Blanc a fait le choix délicat, mais combien passionnant, de proposer l'essentiel des lettres échangées de 1939 à 1945 entre les deux époux, échange dont la remarquable introduction de Monette et Vincent Ferrier, fille et beau-fils des correspondants, nous restitue en lucide piété la dimension personnelle et collective. Échange au plus intime de deux jeunes mariés brutalement séparés, mais échange par définition violé dans le regard de la censure militaire, puis de la censure allemande (la Croix-Rouge assurant l'acheminement des lettres, jusqu'à la fin du conflit, en 1945), et donc échange qui s'interdit le plus vrai de l'effusion tout autant que les considérations sur l'actualité. Mais échange dont les époux eux-mêmes assumeront la perpétuation par la conservation des lettres, de la Lettre, pour l'enfant qui doit comprendre plus tard…

René Merle (extrait de la préface)


"A Montbazens sous l’Occupation

Les ouvrages restituant des échanges épistolaires sont tombés en désuétude. Peu d’éditeurs s’y risquent, surtout lorsqu’il s’agit de correspondances qui n’implique aucune personne dite ou réputée célèbre. Ce n’est pas l’approche des Editions L’Ours Blanc qui, sous le titre Lettres de captivité, dans la collection « Documents », retranscrit […] de très nombreux courriers que s’échangèrent Emma et Robert Gladin, agriculteurs à la ferme de Gladin entre 1939 et 1945. Cette ferme est située à la sortie de Montbazens, sur la droite, à hauteur de la zone du Fargal. L’ouvrage a retenu 165 des 453 lettres que s’échangea le couple alors que Robert était mobilisé, puis prisonnier en Allemagne où il travailla dans un premier temps dans une usine avant d’être intégré dans une ferme. Il ne rentrera au Fargal que le 5 mai 1945, après 69 mois d’absence.

Dans la préface, René Merle souligne qu’il s’agit « d’un échange au plus intime des deux jeunes mariés brutalement séparés, mais échange par définition violé dans le regard de la censure militaire, puis de la censure allemande (la Croix-Rouge assurant l’acheminement des lettres jusqu’à la fin du conflit, en 1945), et donc échange qui s’interdit le plus vrai de l’effusion tout autant que les considérations sur l’actualité. Mais échange dont les époux eux-mêmes assumeront la perpétuation par la conservation des lettres… »

Outre l’émotion qui est présente du début jusqu’à la fin de l’ouvrage, les lettres ont, de part et d’autre, écrites dans une langue impeccable et, outre l’histoire personnelle qu’elles retracent, elles en disent long sur un plan sociologique, sur les conditions de vie qui sévissaient alors dans ce coin du Rouergue.

(Centre-Presse, 29-10-07)


" - Lettres de captivité entre Allemagne et Fargal -

Paru aux éditions L'Ours Blanc, "Lettres de captivité" rassemble la correspondance entre 1939 et 1945 entre Robert Gladin et son épouse Emma. La préface de René Merle brosse excellemment la paysage du Bassin d'aujourd'hui pour mieux imaginer celui d'il y a 60 ans. [...]

Dans le livre on ressent à chaque missive du prisonnier Gladin combien cette ferme et ce foyer comptent.

Lors de ces nombreux échanges de lettre - Emma en écrivait parfois plsieurs par jour - on pénètre dans l'intimité des sentiments des ces deux jeunes mariés brutalement séparés par la guerre. Un échange qui plus est violé par la censure militaire puis par la censure allemande (la Croix Rouge acheminant les lettres jusqu'à la fin du conflit en 1945). Une censure qui dicte ses règles. [...] Résultat, les lettres arrient avec beaucoup de retard ou n'arrivent jamais. Certes Robert Gladin sera bien traité en Allemagne. Il travaillera essentiellement comme cultivateur. En revanche, ce sera beaucoup plus ardu pour Emma [...].

Emma fera preuve d'une force de caractère incroyable por faire face à tout durant 69 mois d'absence. Sa délivrance surviendra le 5 mai 1945 lorsqu'elle vit son homme réapparaître sur les terres du Fargal. L'après-guerre [...] ne fut pas toujours joyeux. Mais le témoignage épistolaire des Gladin est un don précieux fait à la jeunesse.

"Lettres de captivité", un ouvrage à se procurer au plus vite."

J.R., La Dépâche du Midi - Aveyron, 21 octobre 2007


"J'ai |...] lu ces lettres si touchantes et qui nous introduisent de façon simple et directe dans un monde, dans une vie proche et déjà si lointaine... " Léon Robel auteur de "Correspondance Elsa Triolet-Lili Brik".


Le lecteur lent que je suis a dévoré ces lettres intimes, simples, fortes. Presque 6 ans, et la correspondance comme seul lien, comme seule réalité, comme seul espoir. Quelle aventure humaine, quelle ténacité dans l’amour ! J’ai surtout été impressionné par la pudeur qui entoure les mots et que les mots entourent. Bravo à l’Ours Blanc. Merci encore.

 

Dominique  

 

 

 

 

Bon de commande pour les Lettres de Captivité

 

Nom, prénom :

 

Adresse postale :

 

Code, Ville, pays :

 

 

Commande :                exemplaires x 15 euros =              euros

 

Chèques à libeller à l’ordre de L’Ours Blanc, et à renvoyer avec votre bon de commande

au siège de l’association :  28, rue du Moulin de la Pointe, 75013 Paris – France

 
 
Repost 0
Published by BG - dans Documents
commenter cet article