Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Association  l'Ours Blanc

L'Ours Blanc est une association à but non lucratif de type "loi 1901", qui a pour objectif de regrouper 
des créateurs, artistes ou intellectuels d'expressions diverses, afin de faciliter la réalisation d'œuvres communes ou individuelles. L'Ours Blanc, 28 rue du Moulin de la Pointe, 75013 Paris

Paul Lambrecht ou l'ouverture vers l'imaginaire

Publié le 13 Novembre 2006 par GK in Nos Ursidés publient

Instantanés poétiques

Dans son recueil L’encre des sabliers, Paul Lambrecht nous livre son univers, un univers fait de rencontres entre la conscience et le monde, au cœur de ces instants où le moindre détail se transforme tout à coup en tremplin pour les rêves. Le regard est sans cesse arrêté par l’obstacle, et l’obstacle perd son opacité pour devenir porte ouverte sur l’imaginaire.
Peut-être cette approche est-elle intimement liée à la vallée encaissée où vit Paul Lambrecht, et dans laquelle « Deux horizons s’élèvent. Le ciel se rétrécit. », comme il a été écrit. Mais il s’agit là des seules données physiques, car je crois pour ma part que les horizons du poète sont multiples, et son ciel bien plus vaste que les mots.
Comme l’indique le titre, Paul Lambrecht a axé tout son travail sur deux grands fondamentaux de l’écriture, les mots et le temps, et ce que j’appellerai les « instantanés poétiques » y sont traduits par un dépouillement de la langue dont on saluera la maîtrise. Et à la lecture, il suffira de se laisser porter par les mots pour que naissent un monde et des sentiments étrangement familiers… 

Ursidé de date fraîche, Paul Lambrecht est poète, n’en doutons pas.

Bernard Giusti.


Reprendre le verbe au mode infinitif
cette forme neutre où je ne suis pas,
où je ne parle qu’à moi-même.
Fermer les yeux, reprendre haleine.
Ai-je longtemps couru les souterrains d’Herstal ?

Mes gants de plâtre gris,
l’herbe que je touche,
la lumière, l’égout à ciel ouvert.

Le terrain vague, ses flots de monticules,
les minuscules floraisons à tête jaune
comme des gueules de lion,
les variétés mouvantes de détritus
libres dans leur havre transitoire,
pareils à des poèmes jetés sur la voie publique
qu’il est impératif à présent
de ramasser, qu’il faut lire
avant de les rendre à la pluie.

Le rôdeur du terrain vague me toise,
arpenteur sans repères, géomètre de l’indécis,
déplaçant un décamètre clandestin sous les nuages,
sur la terre sans bornes.
Au gré des détritus étouffés d’herbes folles,
la chaîne de métal ondule comme un orvet géant.

Au crayon rouge et bleu
l’arpenteur relève la démesure du temps.


Paul Lambrecht, membre de l’Ours Blanc vient de publier « L’Encre des sabliers », Patch’éditions, , rue du Patch n°5, B-1330 Rixensart - Belgique, 95 pages, 12 euros.

Commenter cet article