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Association  l'Ours Blanc

L'Ours Blanc est une association à but non lucratif de type "loi 1901", qui a pour objectif de regrouper 
des créateurs, artistes ou intellectuels d'expressions diverses, afin de faciliter la réalisation d'œuvres communes ou individuelles. L'Ours Blanc, 28 rue du Moulin de la Pointe, 75013 Paris

"C’est un bonheur une boulangerie." par notre ursidée Sarah Mostrel

Publié le 14 Janvier 2021 par Ours Blanc in Textes libres littérature

"C’est un bonheur une boulangerie." par notre ursidée Sarah Mostrel

C’est un bonheur une boulangerie. L’atmosphère qui y règne. Les couleurs. Les senteurs. L’odeur des croissants, du pain chaud. Les déplacements incessants des vendeurs allant chercher la dernière fournée. Le boulanger qui glisse un œil vers les clients, comme pour leur dire : « Je suis là, avec vous. Je me suis levé tôt pour vous servir. J’ai pétri la pâte avec amour… »

C’est un bonheur une boulangerie. Bien décorée, pleine de gaîté, elle réconforte. Ses parfums embaument l’air frais du matin, ses arômes nous enveloppent. nous séduisent, nous remontent le moral, nous réveillent à la vie. Ne pensons pas au marketing olfactif. Mais de flaveurs réelles. Annonciatrices de saveurs saines. C’est d’autant plus agréable qu’en temps de confinement, tout est hostile. Les cafés sont fermés. Les restaurants aussi. La menace rôde sans cesse. Seuls les virus et leurs variants sont libres et se meuvent à volonté. Tandis que les humains se planquent, se cachent, se masquent. Tremblent. Tombent malades. Vont à l’hôpital. S’étouffent. Sont en réanimation. Crèvent. Seuls.

Pas de spectacle vivant ni mort en temps de coronavirus. Nul divertissement. Pas de lieu où se réfugier, de salle de cinéma où se replier. Pas de musée où s’évader. Les toiles ont froid. Ne comprennent pas qu’on les déserte. Elles s’engourdissent.

La nature, elle, poursuit son cours. Et avance, imperturbable. Et c’est tant mieux. Le printemps est venu, puis l’été et l’automne, comme pour nous annoncer le dur hiver, les journées courtes, grises, entravées. La fin d’année a été pathétique. Même si quelques guirlandes et illuminations ont orné quelques devantures. Elle s’est soldée par des décès en pagaille, une incertitude totale quant à 2021 qu’on souhaitait meilleure. L’occasion de vous réitérer mes vœux... La nature, donc, nous est toujours offerte. Côtoyer les arbres est heureux. Ils sont solides. Vous étreignent. Vous racontent l’histoire passée. Ce n’est pas la première pandémie. Ils ont en vécu, eux, des catastrophes naturelles. Dans leur propre chair, de leur sève saignante coulant le long d’un golfe clair. Ou ailleurs. Ils ont plié, parfois cassé, leur racines hurlant aux loups. Mais beaucoup se sont relevés. D’autres comme les faux se réimplantent dans le sol. Une sorte de renaissance. La continuité malgré la fêlure. Aujourd’hui, on dirait résilience. La résilience des arbres. Aussi fascinante que leur timidité. Leur tenue à distance. Leur élégance. S’accrocher aux branches et à la beauté. Bientôt il y aura de nouveau des feuilles…

Un an est passé. La normalité n’est pas revenue. Il n’y aura plus de normalité. Il y a des polémiques. La lenteur des mesures. On se croirait dans un pays du tiers-monde. Pas de masques. Pas de tests. Pas de vaccins. Un retard dans tout. Des complots à-tout-va. Des scandales à n’en plus finir. Certains surfent sur la vague du malheur. Des médecins ont leur heure de célébrité. Les politiques pavanent du haut de leur tribune. Pendant ce temps, les violences conjugales explosent. Les rideaux ferment. C’est une fin du monde à petit feu, même si l’on sait qu’il continuera, avec ou sans nous. En attendant, le virus court, mute, envahit les rues de Londres, de Paris, de tous les continents. Partir. Mais où ? Courir. Se blottir. C’est un bonheur, une boulangerie...

 

©Sarah Mostrel

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